Bain de Gong Traditionnel

Qu’est-ce qu’un Bain de Gong Traditionnel ?

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une technique précise et reliée à une tradition. L’enseignement de l’Art du Gong de Yogi Bhajan est directement issue du Kundalini Yoga. Toutefois, le Gong est ouvert à toute personne désireuse d’en faire l’expérience, la pratique du yoga, de même que l’âge, la condition physique (…) n’entrent pas en ligne de compte. Un Bain de Gong Traditionnel est simplement une expérience menée avec le Gong sur la base de pratiques très anciennes et éprouvées.

Sant Hazara Singh

Yogi Bhajan était un maître de yoga qui dispensa plusieurs enseignements, la plupart reçus de son propre maître Sant Hazara Singh. Durant une partie de sa vie, il fut un officier des douanes indiennes, ce qui l’amena à beaucoup voyager en Inde et en Himalaya. Il put ainsi glaner de nombreux enseignements de la part de babas, lamas et yogi régionaux. Il fut très compétent dans le Hatha Yoga, le Kundalini Yoga, le Karam Kriya, le Satnam Rasayam, l’art du Gatka et le yoga du Gong.

Le Gong est un art traditionnel. Il n’appartient pas pour autant de façon exclusive au Kundalini Yoga. On trouve des gongs et des emplois différents de cet instrument un peu partout en Asie. En Europe, il a même été introduit comme instrument de musique dans les orchestres symphoniques.

De nos jours, il est utilisé plutôt comme un instrument de relaxation dans les sphères du Kundalini Yoga. De fait, beaucoup de personnes pensent que le Gong est fait pour la relaxation. D’ailleurs, nombreux professent et entretiennent cette idée. C’est un phénomène nouveau et très réducteur. D’un côté cela dévalorise l’art traditionnel du Gong, et d’un autre côté cela fait connaître l’instrument. Une autre mode s’est également invitée : le spectacle psychédélique multi-gongs et/ou multi-instruments, souvent portés par des musiciens.

Yogi Bhajan

Ces approches sont récentes, et il se peut que d’autres utilisations apparaissent au fil du temps. Évidemment, on est loin de ce que Yogi Bhajan enseignait. De son point de vue, l’utilisation comme instrument de relaxation était une possibilité parmi d’autres : il l’utilisait notamment pour accompagner les relaxations en fin de cours de yoga. Mais il a toujours insisté sur le fait que le Gong est un instrument de transformation. C’est pourquoi il jouait souvent du Gong pour accompagner des kriya entiers (enchainements codifiés) de yoga. Le Gong servait alors de soutien, instillant ses vibrations et ses injonctions autant subconscientes qu’impérieuses dans les corps des élèves, stimulés, portés, exaltés dans leur pratique.

Le Gong, s’il est correctement activé, a un tel pouvoir sur le mental et le système nerveux d’une personne qu’il peut la transformer complètement avant même qu’elle ait eu le temps de l’envisager ! La question est précisément : que signifie “correctement activé” ? C’est là qu’intervient la tradition. Mais pas seulement. La tradition transmet des informations fondées sur des connaissances expérimentales anciennes. Il est parfois compliqué de débarrasser une tradition de ses éléments obsolètes et/ou trop exotiques (et donc inutiles) tout en extrayant sa quintessence en direction des êtres de notre époque et de leur environnement. Pourtant, si on néglige ce travail, on devient vite conservateur, voire passéiste.

A l’inverse, céder aux travers de nos sociétés sous prétexte de modernité n’est qu’une attitude de soumission bardée de médiocrité intellectuelle. Chaque fois qu’un trésor arrive sur le devant de la scène (un art, une pratique, un enseignement), celui-ci se trouve confronté à nos ambitions économiques et égotiques, puis confisqué, vidé de son sens, de sa substance. Et surtout privé de son opportunité de libération, le chemin menant à l’indépendance de soi se trouvant constamment entravé. Ce fut le cas pour le yoga, devenu gymnastique tendance dispensée dans les usines à postures, élevage en batterie de yogis et yoginis conformes en tous points à notre idéal social. Cela ne durera pas, mais il faudra du temps pour retrouver ou réinventer le sens du yoga. Nous voyons aujourd’hui les peuples se soumettre à des “dictatures molles” dont l’essentiel de la gouvernance repose sur fourniture de distractions, de plaisirs, et de prêt-à-porter-penser de sorte qu’ils puissent accepter leur esclavage de bon gré. Nous sommes devenons peu à peu handicapés, moteurs et mentaux, incapables de penser par nous-mêmes, de nous rebeller, d’inventer un monde de liberté, geignant constamment contre nos (vilains) exploitants en attendant une nouvelle distraction, indispensable pour oublier.

Je m’énerve pas, Madeleine, j’essplique aux gens !

Pendant ce temps, et comme ce fut le cas pour le yoga devenu “drogue douce de bien-être esthétique” (mots à brasser à votre convenance), le gong est en passe d’entrer à son tour dans le catalogue des opiums distractifs utiles au maintien de notre abrutissement.

Tiens ! C’est un peu comme la “méditation à l’école”, géniale pour maintenir tranquilles ces vilaines têtes blondes qui risqueraient de dévier de leur trajectoire de moutons économiques consentants. Ou bien la “voiture connectée”, vitale puisque nous ne savons déjà plus comment faire un démarrage en côte, un créneau, un freinage d’urgence…

Tout cela n’a rien de nouveau. Nous ne tirons aucune leçon du passé. Nous pouvons remonter un peu dans le passé pour trouver d’autres exemples. Quand le mouvement hippy devint trop dérangeant aux États Unis, la CIA mit le LSD sur le marché pour asservir ces chevelus malpropres et se débrouilla pour les parquer à San Francisco jusqu’à ce que, tellement défoncés, ils fassent eux-mêmes effondrer leur mouvement. Ça a très bien fonctionné. “San Francisco s’éveilleuuu…” Mais bien sûr.

Bain de Gong Révolutionnaire

Tout cela pour dire que je refuse que le Gong devienne une drogue récréative supplémentaire. Nous avions cette chance exceptionnelle de porter un art capable de faire de chacun un vrai rebelle, une personne libre qui pense par elle-même et se libère de ses entraves psychologiques, karmiques pour s’ouvrir à la lumière de sa conscience (déjà) éveillée. Bref, entrer dans le paradigme de la transformation intérieure avec toutes les explosions de joies, de conscience et d’amour que cela implique. C’est le message que j’ai toujours porté et je continuerai. C’est pour moi simple et facile, même dans le contexte actuel de récupération médiatico-capitaliste du Gong, car je n’ai besoin ni d’argent, ni de succès, ni d’ego, juste m’acquitter d’une dette envers Yogi Bhajan et mes autres enseignants.

Le Bain de Gong traditionnel ne propose pas de multiplier les instruments. Il ne propose pas d’agrémenter les lieux avec de jolies lumières, clignotantes, des fleurs, des parfums et autres douceurs… Il vous propose de trouver tout cela à l’intérieur de votre esprit car tous ces gadgets existent déjà à l’intérieur de votre esprit : ce sont les ornements de votre propre lumière. Et pendant que vous vous laissez berner par ces apparences extérieures, vous ne pouvez les trouver à l’intérieur. Le Gong est un yoga sacré. Vous devriez vous en emparer pour vous-mêmes et le partager (comme je le fais) dans des cercles d’êtres cherchant la lumière et l’émancipation. Vous n’avez pas besoin d’être dans un lieu magnifique pour vivre dans la vibration du Naad : vous êtes déjà magnifiques ! Et la vibration est partout. Et vous êtes l’émanation du Naad !

Acceptez votre inconfort et la confrontation quand le Gong vous attaque tendrement. Acceptez l’ouverture de votre esprit lorsque cela arrive. Le Gong est le son de l’Univers, dit Yogi Bhajan. Le son divin de “qui vous êtes” tout au fond de vous-mêmes. Vous ne pouvez pas lutter contre votre propre merveille. Alors acceptez de vous soumettre à votre divinité et non à ces modes esclavagistes et leurs faiseurs de tendances.

Quand on retrouve la quintessence d’une tradition, on échappe à tous les systèmes, politiques, sociaux, culturels. C’est le tantra que la tradition à elle seule ne peut offrir de prime abord mais qu’elle conserve en filigrane de ses dogmes. Extraire la réalité tantrique de toute chose, c’est cela la modernité, et non la soumission aux exigences d’une époque, d’une religion, d’un parti, d’une mode.

Ne cherchez pas des états de conscience modifiés avec le Gong, même si on vous les promet. Car vous êtes déjà dans un état de conscience modifié : vous êtes dans l’état hypnotique de votre mental ordinaire pollué par ses propres fantasmes, ses croyances et ses ambitions. Cherchez plutôt à retourner vers votre état de conscience non-modifié : la simple clarté de la conscience, nue, aimante et intelligente. Le Gong peut vous y conduire. Il n’y a pas besoin de contexte, de beauté, de rock-attitude, de bruits en tous genre, juste le Gong et une personne compétente et humblement dévouée pour le faire vibrer. La richesse harmonique d’un Gong, notamment d’un Feng-Gong, est suffisante pour activer et transformer la conscience d’un groupe important de personnes et nourrir chaque membre de ce dont il a besoin.

Mais le Gong ne fera pas le trajet pour vous. Il ouvre la voie, c’est tout. D’ailleurs il n’existe absolument rien dans le monde qui puisse faire le trajet pour vous. Ou alors, si cela arrive, vous n’y êtes pas…

 

 

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