L’Art du Gong selon Yogi Bhajan

Bonjour,

Ceci est un petit message adressé à celles et ceux qui participent aux Bains de Gongs que je propose en divers endroits, et notamment à Nantes et Ile de France.

Bien sûr je veux avant tout vous remercier de votre présence et espère que vous retirez des bienfaits de ces événements. Certain-es d’entre vous sont toujours au rendez-vous après plus de huit ans, et je présume que ce n’est pas pour rien !

Je suis un des premiers (avec Emmanuel Gaillard et d’autres) à avoir fait connaître les Bains de Gong en France, en suivant la méthode traditionnelle de Yogi Bhajan et en les sortant du contexte du Kundalini Yoga. En développant les formations de « Medecin’Gong Players« , de nombreuses personnes s’y sont intéressées. J’avoue être assez fier que cette initiative ait été si bien suivie. Les premiers Bains de Gong que je proposais étaient difficiles : deux ou trois personnes, parfois inquiètes, d’autres fois plutôt amusées venaient voir cet « ovni » taper sur un gros CD métallique, espérant que « ça fasse quelque chose, oui mais quoi ? » 😉 Franchement, ce n’était pas gagné ! Je me suis accroché, ai amélioré mon jeu, suis resté honnête quant à la réelle finalité du Bain de Gong : une expérience de transformation holistique. Et petit à petit, nombreux sont celles et ceux qui ont compris ou ressenti la puissance et la profondeur du Gong et en ont profité.

Aujourd’hui, toutes sortes de personnes proposent toutes sortes de formats vibratoires avec le Gong, parfois associés à d’autres instruments, d’autres fois en tant que spectacle à vocation psychédélique. C’est bien que cette effervescence et ces expérimentations aient lieu. Il en sortira sûrement quelque chose un jour.

Je me sens aussi le devoir de vous donner des informations concernant le format que j’ai appelé « Bain de Gong » et la posture éthique des Medecin’Gong Players par rapport aux pratiques naissantes et qui risquent de faire dériver l’Art du Gong vers une nouvelle mode décérébrée et irresponsable.

Les origines du Gong

Vous devez savoir que cette tradition sonore est très ancienne et remonte probablement à l’Age du Bronze, qu’elle a pris naissance et s’est installée en Asie (Inde, Chine, Tibet et ailleurs), qu’elle était relativement ésotérique en raison de dangers potentiels, et qu’on l’utilisait aussi bien pour la guerre que pour la guérison (comme bien d’autres sciences n’est-ce pas?) Encore aujourd’hui au Tibet, le gong est utilisé, avec d’autres instruments, pour soulever des pierres de plusieurs tonnes en vue de construire des monastères à flanc de montagne. Bien que ces savoirs soient en voie de disparition, aucun Lama n’acceptera pourtant d’en révéler les secrets !

Connue en Inde également dans des cercles fermés, cette méthode a été transmise publiquement en Occident par Yogi Bhajan, un maître de Hatha et Kundalini Yoga. Il a donné des instructions très précises sur la pratique. A l’époque (années 70 et suivantes), seuls les pratiquants de yoga bénéficiaient des Bains de Gong de Yogi Bhajan pendant ses cours. Nous avons été plusieurs à sortir cet Art du contexte et à l’offrir à tout un chacun car il n’est pas du tout nécessaire de pratiquer le yoga pour recevoir ces vibrations sonores si le Gong est bien joué.

Une belle histoire

Les textes sacrés relatent cette histoire symbolique : la population de l’Inde était persécutée par un monstre à tête de buffle et personne ne savait comment s’en débarrasser. Les indiens demandèrent de l’aide à Tresha Guru (Brâhma, Shiva et Vishnu). Les trois divinité accordèrent leur aide. Ils engendrèrent une terrible tempête (je vous l’ai fait entendre parfois, non ?) Et du brassage des éclairs, du vent et de l’eau, naquit une déesse à forme humaine, très belle. Incroyablement belle ! Elle se nommait Chandi (manifestation éphémère de Shakti plus connue comme Durga) et se sentait missionnée pour mener à bien ce combat contre le monstre à tête de buffle. La Trinité lui confia trois armes dont l’une était le disque de Vishnu : Chakra, les deux autres armes étant un tambour et un trident. Elle n’eut besoin que du Chakra (le gong) car les fonctions des deux autres armes y étaient incorporées. Vishnu représente la puissance organisatrice de l’Univers, et sur notre plan humain la capacité naturelle que nous avons à nous réparer lorsqu’elle est permise et entretenue : la résilience. Chandi eut donc raison du monstre et tout rentra dans l’ordre. Quant à ce(s) monstre(s), je vous laisse le soin d’imaginer ce que ça peut représenter pour vous…

Un peu plus d’infos ? Le tambour de Brâhma représente la pulsation de la vibration originelle, soit la note « sustain » toujours présente dans le gong et qui donne un rythme stable à la pulsation de votre cerveau (oui, car il pulse, comme un cœur). C’est « ce qui vous tient » pendant le Bain de Gong et qui empêche par exemple le mental de partir en vrille, les douleurs d’être insupportables, la détente de se déliter, etc. Le trident de Shiva représente les trois systèmes nerveux (sympathique, para-sympathique et autonome) impactés, voire ébranlés par les vibrations du gong, ce qui permet aux vieux schémas d’être abandonnés.

La transformation

La notion de « transformation » est très importante. En général, on espère profiter d’un moment de détente et de relaxation profonde. C’est parfait, car la détente profonde amène aussi la méditation et soutient beaucoup les processus de guérison. Seulement, pour parvenir à cette détente, on doit inévitablement traverser quelques résistances, n’est-ce pas ? C’est précisément parce que vous avez des résistances que vous n’êtes pas détendu-es et que vous avez besoin d’un Bain de Gong ! Aussi la détente n’est-elle pas l’objectif principal d’un Bain de Gong mais un passage, même si elle s’installe ensuite pour de longs moments. Elle devient sous-jacente et par cela règle aussi le stress sous-jacent, et d’autres moments prennent place tels que la confrontation (physique, émotionnelle et mentale, voire spirituelle), la dissolution des tensions (c’est là qu’apparaît la détente de façon plus évidente), la réorganisation reconstructive (atomique, cellulaire, etc jusqu’à celle de l’esprit parfois). Par conséquent, le Bain de Gong doit respecter structurellement ce processus. Si ce n’est pas le cas, le receveur encoure quelques désagréments, voire des dommages, et au mieux rien. Pour le dire autrement, lorsqu’il y a détente sans réorganisation, rien ne change et l’on retombe dans les schémas habituels. C’est ce que font pas mal de personnes en se saoulant, fumant des pétards, consommant des antidépresseurs, etc.

Le respect du processus n’empêche évidemment pas de traverser des moments difficiles. Au contraire. Lorsque c’est le cas, s’il vous plait, laissez partir les émotions quelles qu’elles soient, et dites-vous « ça, c’est terminé, pour de bon… » Ne vous accablez pas d’auto-commentaires sur le sujet, et souriez !

Si vous espérez mieux qu’une caresse vibratoire qui vous calmera très provisoirement, mieux qu’une fuite vers des contrées psychédéliques, mais approcher plutôt la nature intime de votre être, sa luminosité, sa douceur et son intelligence, alors venez à mes Bains de Gong !

Les sensations

Si vous recherchez des sensations fortes, je vous invite à vous interroger sur la nature de cette intention. Voici une piste : il me semble que nous avons tous un appareil sensoriel a priori fonctionnel. Lorsqu’on a besoin de sensations fortes, soit l’appareil dysfonctionne et l’esprit en est déconnecté, soit les sensations ordinaires ne nous nourrissent pas et on entre dans un processus d’addiction. Soit les deux ! Si vous participez à des événements qui vous mettent en « surchauffe sensorielle », sachez que cela ne vous aidera pas et que vous vous faites tout simplement du mal. Au contraire, un Bain de Gong peut vous conduire à une reconnexion sensorielle douce et remettre votre sensibilité en marche.

Le mieux est donc de rester à l’écoute des vos sensations, et surtout des moindres. Le seul fait d’être à l’écoute remet votre sensibilité en marche. C’est très simple et magique ! L’exact contrepied du « productivisme sensoriel » de notre société, et qui commence à affecter aussi de plus en plus de joueurs de gong.

Les dangers du Gong

Yogi Bhajan disait : « Le Gong est le pouvoir de l’Univers lorsqu’il est bien joué ». C’était son style de parler de façon un peu lapidaire. Enfin, c’est ce que je croyais avant. Et j’ai appris qu’il n’exagérait pas toujours. Il faut juste expliquer un peu… Le pouvoir de l’Univers, vous l’avez compris avec l’histoire de Chandi et ses armes, je n’y reviens pas. Dans la Mahabarata, il est aussi question de chakra, l’arme de Vishnu, et dans certains combats, ils sont utilisés comme des disques de métal, des armes tranchantes : on les lance sur l’ennemi et ça le décapite. Dans d’autres combats, ces chakra ressemblent étrangement à des soucoupes volantes se déplaçant à des vitesses fulgurantes. Le parallèle entre la décapitation et le pouvoir du gong est bien réel. Sauf que c’est ici symbolique (ouf!) Dès les trois premières minutes (ce qui est fulgurant), votre tête, votre mental, se déconnecte de son fonctionnement habituel, ce qui vous « décapite ». La bonne nouvelle, c’est que grâce à cela vous mourrez à de vieux fonctionnements et de nouveaux peuvent ensuite prendre place. La moins bonne, c’est que si le gong est mal joué, n’importe quoi peut prendre place en vous et une reconstruction mal venue peut être induite à votre insu. Ce qui est dommage puisque vous avez naturellement un pouvoir de résilience. Cela arrive notamment si le joueur-se a des problèmes d’égo, si il ou elle n’a pas réalisé un travail personnel lui permettant d’être en retrait, de rester humble et émotionnellement neutre. C’est cela qu’il entendait par « bien joué ». Ce n’est pas seulement une question de technique mais aussi de posture de la personne qui joue. Vous devez avoir confiance dans la personne qui joue du Gong. La star, c’est le Gong, certainement pas celui ou celle qui joue ! S’il est bien joué, le Gong ne vous trahira jamais et vous conduira vraiment très loin dans l’intériorité. C’est aussi en ce sens que Yogi Bhajan disait « le Gong est comme notre mère et notre père universels prenant soin de nous ».

C’est pourquoi le joueur doit être neutre, n’avoir aucun état d’âme, et encore moins d’intention car le Gong projette cela de façon décuplée, et vous le recevez en vrac. C’est pourquoi tout le monde ne peut pas jouer du Gong sans prendre le risque (inconscient en général) de causer des désagréments. Dans mes formations, les stagiaires n’ont pas le droit de toucher au Gong avant un ou plusieurs mois ! C’est très frustrant pour eux mais indispensable. Ils doivent d’abord travailler intensément par de la méditation, la respiration, des exercices de yoga, et effectuer différentes pratiques visant à se pacifier émotionnellement et à trouver une attitude juste de neutralité. Ils ne sont même pas invités à ressentir de l’amour. Et encore moins à jouer avec plusieurs gongs en même temps, ce qui ne sert absolument à rien, à part faire plus de bruit !

Un autre danger, plus facile à évaluer celui-là, sont les lésions de l’oreille interne se traduisant par des pertes auditives et/ou des acouphènes. C’est ce qui peut se produire si le Gong est joué trop fort trop longtemps (plus de 30 secondes). Concernant les enfants, ne les installez pas trop près du Gong ou bien munissez-les d’un casque anti-bruit. Même avec un casque il entendront encore mieux que des adultes. En revanche, lorsque vous souffrez de lésions auditives dues à divers traumas et/ou des chocs émotionnels, le Gong peut vous faire du bien et contribuer à une réparation de ces lésions avec des vibrations douces et aux bonnes fréquences. Contactez-moi à ce sujet si besoin.

Le chemin

Parfois, le Gong dessine une sorte de chemin intime qui peut devenir très spirituel. Si vous venez régulièrement, c’est souvent parce que vous ressentez des changements, des améliorations. En général, il est difficile de cerner « ce » qui change. Mais on s’en fiche si tout va mieux ! Je trouve cela formidable car en général nous approchons le Gong juste pour passer de bons moments. Et finalement nous découvrons un chemin, un mode d’être qui nous donne un certain pouvoir : celui de savoir nous améliorer et d’être plus heureux et conscients, et cela sans être obligé-es de recourir à des psy, des religions, des médicaments, des changements de gouvernement…

D’un autre côté, si les Bains de Gong ne vont pas aussi loin pour vous, ça n’a aucune espèce d’importance. La magie du Gong, c’est que vous obtenez ce dont vous avez besoin sur le moment. D’ailleurs, si vous dormez pendant l’atelier, sachez que l’impact des vibrations reste tout aussi efficient. Il n’y a aucune raison de vous en désoler si cela arrive.

Eh bien, quel courage d’avoir lu jusqu’ici ! Merci encore ! J’espère que ces informations vous ont été utiles.

Au vif plaisir de vous retrouver bientôt.
Sat Nam !
Yogi Navjeet

2 Comments

  1. Isabelle Havard

    1er bain de gong aujourd’hui ! Je l’ai vécu intensément. Nous le vivons chacun à notre manière. Pour moi, ce fut le bing bang. L’explosion de la vie, de l’univers, peut être ma naissance aussi. Cela ne se fait pas sans douleur, le bouleversement n’est pas un vain mot. Je me suis laissée aller, c’était aussi angoissant mais j’ai supporté, l’espérance m’y a aidée. J’ai volé parmis les étoiles, j’ai oublié mon existance corporelle et me suis mêlée aux vibrations vivantes sans rien demander. La vie est multiple et sacrée voilà le message que le gong m’a offert. Merci à toi qui le maîtrise si bien. Tu es un admirable passeur !

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